jeudi 17 février 2011

Usurpation d'une révolution : Mode d'emploi

De la contre-révolution en général et de la diversion en particulier

  1.  La contre-révolution ne se présente pas forcément en tant que volonté de restauration de l’ancien régime. Au contraire, elle cherche à paraitre comme l’honnête expression  de la Révolution, tout en essayant, par tous les moyens possibles, de la marquer de son empreinte.
  2. La contre-révolution est une agglomération de tendances hétéroclites et parfois opposées ; mais dont la volonté de se repositionner dans le nouveau paysage révolutionnaire réunit, objectivement ou de manière concertée, dans une action commune.
  3. L’objectif majeur de la contre-révolution est la sauvegarde des privilèges et statuts, dont elle jouissait sous l’ancien régime -ainsi que des cordons ombilicaux la reliant aux souteneurs et autres donneurs d’ordres étrangers- et que le nouveau contexte issu de la Révolution risque de remettre en cause.
  4. La contre-révolution cherche toujours des appuis extérieurs –dans le cas tunisien, elle affiche un discours qui aurait de l’écho en Occident, et plus particulièrement en France, où les vocables « laïcité », « acquis de la modernité », « féminisme », « menace islamiste »… constituent de sérieux atouts pour un soutien sans faille.
  5. La contre-révolution cherche à diluer l’esprit révolutionnaire (« Révolution de jasmin », « Révolution colorée »…) et à en folkloriser les principes. Dans ce cadre le travail que fait Nesma TV, surtout, est édifiant.
  6. Créer une atmosphère de terreur en brandissant les épouvantails les plus horribles est la technique la plus utilisée par la contre-révolution : la peur de « l’inconnu », du « chaos », du « désordre », de « l’insécurité »… Ce qui justifie son soutien inconditionnel aux structures de transition contre toute velléité de rupture avec la passé. Or, point de Révolution sans rupture !
  7. Le temps révolutionnaire ne se compte pas en semaines et en mois ; mais en heures et en jours. Les premières heures, qui suivent l’acte victorieux du peuple (la chute du symbole de l’ancien régime, le dictateur), est le moment décisif pour la mise en place des jalons qui guident la marche du peuple. Il est d’autant plus décisif que la machine de la contre-révolution tourne déjà à plein régime, ayant probablement sacrifié le symbole (la restauration n’est nullement son objectif, mais c’est plutôt le redéploiement et la sauvegarde du système). En cela, les Egyptiens ont compris ce qui a échappé aux révoltés tunisiens. En témoigne le Manifeste de la Révolution du 25 janvier, rédigé dans l’heure qui a suivi la chute du symbole (Moubarak). Ce manifeste trace un cadre, une feuille de route, clairs et précis, pour la Révolution.

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